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Comment rafraîchir notre environnement ?

29/09/21 - Billet

Si certains se sont plaints du mauvais temps cet été en France, d’autres ont connu des canicules et des incendies catastrophiques en Grèce ou en Algérie. Il fait de plus en plus chaud. Les six dernières années sont les plus chaudes jamais enregistrées. 

Si le constat est global, l’urgence est urbaine. 

Les espaces urbains sont les plus impactés par le changement climatique. La surchauffe des rues et des villes se traduit par l’effet d’îlot de chaleur qui se manifeste par la limitation du rafraichissement nocturne des villes par rapport aux espaces ruraux. Des écarts de 5°C sont mesurés entre les centres-villes et les périphéries, surtout la nuit. Avec un pic à 42,6° C à Paris en juillet 2019, la capitale française a tristement gagné le record de ville la plus chaude d’Europe. Plus localement, une température entre 31 et 33° a été enregistrée par l’antenne de Météo France en Loire-Atlantique, le 7 septembre de cette année. Les chiffres ne manquent pas pour illustrer ce fléau mondial. 

Le 3 juin 2021, l’ADEME, l’Agence de la transition écologique a publié le guide « Rafraichir les villes, des solutions variées », 19 solutions précises pour lutter contre le réchauffement urbain. Le résultat est flagrant. Les prévisions sont alarmantes. D’après ce guide, les vagues de chaleurs sont déjà « de plus en plus fréquentes, intenses, longues. » Ce phénomène va devenir plus prégnant encore. Si nous ne disons pas qu’il faut dériver vers des théories collapsologistes, il reste primordial et nécessaire de prendre conscience et d’agir collectivement. Une adaptation climatique de notre environnement est possible. 

Quelles sont les initiatives émergentes et positives ? Quelles sont les approches justes et les expérimentations éprouvées ? Comment adapter nos villes pour limiter l’impact des vagues de chaleur ? Comment rafraichir notre environnement ? S’il est temps de se poser des questions, il est encore plus urgent de trouver des solutions efficaces et durables. 

La solution est dans la Nature

Le végétal a toute son importance. Plus le taux de végétalisation est élevé, plus le rafraichissement sera important et moins la climatisation sera nécessaire. Savez-vous que les climatiseurs sont des sources de chaleur ? En effet, ils évacuent l’air chaud qu’ils absorbent et émettent des gaz à effet de serre. Savez-vous au contraire que planter un arbre rafraîchit l’atmosphère ? L’arbre participe à limiter la chaleur de votre environnement car il vous apporte de l’ombre, pompe l’humidité des sols et l’évacue ensuite par un système d’évaporation. 

D’ailleurs, des associations comme Reforest’action et des acteurs du bâtiment comme le Groupe Bâtisseurs d’Avenir ont mis cette théorie en pratique. Depuis 2014, le groupe participe à un modèle de reforestation unique en France. Pour chaque appartement construit, deux arbres sont plantés. Le béton et le végétal ne sont plus nécessairement en opposition. De telles initiatives donnent l’espoir d’une harmonisation des espaces. 

Attention ! Il ne suffit pas de planter des arbres pour avoir un véritable effet sur son environnement, mais il s’agit de reforester les espaces urbains, de créer des parcs et de végétaliser les rues. Les façades, les murs et les toits végétalisés protègent les bâtiments du rayonnement solaire et réduisent la température. C’est une des solutions concrètes et facilement réalisables pour rafraichir un quartier. Et en plus, ils sont aussi très à la mode, ça tombe bien ! 

L’eau est une solution

Si cette ressource est limitée selon les régions du globe et de plus en plus rare, elle est pourtant une des conditions essentielles au pouvoir de rafraichissement de la végétation urbaine. Concrètement, il est question de créer des fontaines dans les rues et des plans d’eau dans les parcs. Aussi, certaines villes bénéficient d’un cours d’eau en leur cœur, c’est un véritable atout ! Les chiffres parlent d’eux-mêmes. À Lisbonne, le fleuve Tage permet de réduire la température de 6 à 7°C lors des fortes chaleurs. L’effet est palpable jusqu’à quelques centaines de mètres de la rive. Certains chercheurs et experts y voient une véritable solution. 

Également, de nombreuses villes françaises ont expérimentés et approuvés des ouvrages paysagers en gestion des eaux de pluie. Ce sont des dispositifs créant des milieux humides qui favorisent l’évaporation et la transpiration des végétaux, et ainsi le refroidissement de l’espace. 

L’urbanisme en est une autre

Après les solutions vertes, les solutions grises ont un rôle à jouer dans cette mission urgente de rafraichissement de nos espaces urbains. Il est important de repenser les dispositifs, les infrastructures et les techniques d’urbanisme. La nouvelle norme RE2020 mise en place par le Gouvernement va dans ce sens. Applicable depuis le 1er janvier 2021, cette règlementation environnementale des bâtiments neufs a pour objectif de diminuer l’empreinte carbone des bâtiments et d’améliorer leur performance énergétique en garantissant plus de fraicheur. 

« Plus une surface est sombre, et surtout minérale et non poreuse, plus elle absorbe le rayonnement du soleil et accumule la chaleur le jour. Ces matériaux omniprésents en ville restituent cette chaleur pendant la nuit et empêchent un refroidissement de la zone .» 

Laurence Eymard, directrice de recherche émérite au CNRS et membre du groupe d’urbanisme écologique de Sorbonne Université.

En plus de penser à l’installation de parcs et de fontaines à eau, il faut penser à l’air. La forme urbaine bio-climatique n’est pas toujours optimisée dans les villes. Les rues sont construites de telle sorte qu’elles empêchent la bonne circulation de l’air et donc l’évacuation de la chaleur accumulée. Si certains préconisent l’arrosage de l’espace urbain pour rafraichir la ville par évaporation. D’autres conseillent l’installation de structures d’ombrage permettant d’éviter le rayonnement direct du soleil et donc de protéger les populations. Et d’autres encore ont réfléchi à des revêtements, des isolations thermiques et des matériaux réfléchissants.

Pour exemple, dans la filière de l’ITE (Isolation Thermique par l’Extérieur ndlr) SNBVI, le Syndicat National des Bardages et Vêtures Isolés a conçu la façade de demain. À travers de nombreuses recherches et innovations, ce concept révolutionnaire permet de réduire immédiatement et durablement la consommation en énergie de la surface ou du bâtiment qui le supporte. Cette technologie répond de façon pertinente au enjeux éco-environnementaux d’aujourd’hui et de demain. 

D’autres systèmes sont possibles

Il existe des solutions innovantes pour assurer une température acceptable en ville. Le sol climatique est l’une d’elles. Pour améliorer le confort hygrothermique, l’entreprise Egis a expérimenté dans le quartier de Part-Dieu à Lyon, la technique du sol réfléchissant par l’usage de revêtements et matériaux spécifiques. Si les objectifs sont grands, les premiers essais sont concluants. Lors de la canicule de juin 2021, le béton foncé et l’asphalte sont montés à 65°C, là où les essais de sol à albédo variable (pouvoir réfléchissant d’une surface ndlr) sont restés sous les 55°C. Une belle promesse ! 

Enfin, une autre solution concrète, la peinture. Oui. Cette technique créative est innovante et pourtant ancestrale. Les maisons blanches des îles grecques sont blanches pour une bonne raison. Elles ont été conçues ainsi pour éviter d’absorber les rayons du soleil grâce à leur couleur dotée d’un fort pouvoir réfléchissant. Des entreprises telles que Cool Roof France, pensent à des solutions durables pour rafraichir les villes et les bâtiments. Elle propose des solutions de revêtements et de services pour éviter la surchauffe, notamment en peignant les toits en blanc. Et si peindre les villes était la solution ? 

On espère que cet article vous a rafraichi, qu’il vous a gonflé d’espoir et d’envie. À présent, vous connaissez les enjeux et vous avez des solutions. Il n’y a plus qu’à agir ! Go, go, go !